Vendée Globe 2024 : Yoga, sieste, bricolage et frustration… Que font les skippeurs quand il n’y a pas un pet de vent ? 2024 best

india

india

Vendée Globe 2024 : Yoga, sieste, bricolage et frustration… Que font les skippers quand il n’y a pas un pet de vent ?

Le Vendée Globe, la plus prestigieuse des courses au large, est un défi extrême. Partis en solitaire de Les Sables-d’Olonne pour une aventure de plus de 40 000 kilomètres, les skippers doivent affronter des océans déchaînés, des conditions météorologiques changeantes, et un environnement de solitude absolue. Si la compétition est souvent synonyme de course contre la montre, avec des manœuvres techniques et des stratégies maritimes de haut vol, il y a des moments où les conditions de vent sont tout simplement… inexistantes. Et quand il n’y a pas un pet de vent, que font les marins pour rester en forme, garder le moral et éviter que l’ennui et la frustration ne prennent le dessus ? Yoga, bricolage, siestes, et même parfois quelques pensées philosophiques… Découvrez comment les skippers du Vendée Globe 2024 se réinventent lorsqu’ils sont coincés dans l’immensité de l’océan, sans vent pour les propulser.

L’ennemi invisible : l’absence de vent

Le vent est à la fois le moteur et le guide des skippers dans cette course mythique. Lorsqu’il est fort et constant, il permet aux marins de s’élancer sur les vagues à des vitesses impressionnantes, mais lorsqu’il se fait rare, le moral des skippers peut rapidement en prendre un coup. Les moments où les conditions sont particulièrement calmes, sans un souffle d’air, peuvent être des épreuves aussi épuisantes que les tempêtes. Dans ces moments-là, la frustration s’accumule, et chaque minute d’immobilité devient un fardeau.

Les skippers ont l’habitude de devoir s’adapter en permanence, mais l’absence de vent représente un défi particulier. Certains skippers, habitués à ces périodes de calme plat, ont appris à les gérer. D’autres, en revanche, doivent trouver des moyens pour canaliser cette frustration et maintenir une forme d’équilibre mental, afin de ne pas se laisser submerger par l’ennui ou la pression. C’est là que le yoga, la sieste, et même le bricolage entrent en jeu.

Yoga : l’art de garder l’esprit calme

De plus en plus de skippers intègrent des séances de yoga dans leur routine quotidienne, non seulement pour leur bien-être physique, mais aussi pour gérer le stress mental. Dans l’espace exigu des bateaux, entre les manœuvres et les ajustements constants, le yoga permet de trouver un moment de tranquillité et de concentration. Dans un environnement aussi intense, où chaque geste doit être réfléchi et chaque mouvement calculé, le yoga devient une sorte de soupape de décompression.

Parmi les skippers qui ont adopté cette pratique, on trouve des marins comme Clarisse Crémer, Kojiro Shiraishi, et Romain Attanasio, qui ont mentionné à plusieurs reprises dans leurs interviews qu’ils utilisaient le yoga pour maintenir leur calme en mer. Ces exercices, souvent accompagnés de respirations profondes, aident à se détendre, à étirer les muscles sollicités par la navigation et à faire face à la solitude qui s’installe lorsque le vent tombe.

Les séances de yoga peuvent également être un moyen de renforcer la concentration, un atout majeur lorsque la course implique de longues heures de réflexion stratégique et de prises de décisions cruciales. Lorsque la mer est calme et que le vent fait défaut, le corps a tendance à se détendre, mais l’esprit peut se perdre dans des pensées négatives. Le yoga permet de ramener le marin dans l’instant présent, d’éviter de trop ressasser la situation et de retrouver un certain équilibre.

La sieste : une nécessité pour la récupération

Quand le vent fait défaut et que le bateau avance lentement, certains skippers profitent de ces périodes de calme pour se reposer et récupérer. Dans une course aussi exigeante, où le sommeil est souvent fragmenté et de courte durée, ces moments peuvent s’avérer précieux. La sieste, cette petite pause réparatrice, devient alors un réflexe pour récupérer de l’énergie et éviter l’épuisement. Les skippers ont un besoin constant de sommeil pour rester concentrés et ne pas tomber dans la fatigue extrême, qui peut affecter leurs performances.

Le manque de vent est souvent l’occasion de prendre des micro-siestes. Ces périodes de repos, bien que courtes, sont souvent essentielles pour recharger les batteries. Une sieste de 20 à 30 minutes peut suffire pour remettre le skipper en forme, lui permettre de récupérer de l’énergie et améliorer sa vigilance. Ces petites pauses sont rendues possibles par l’absence de manœuvres urgentes, permettant au skipper de s’allonger quelques instants, souvent dans des positions inconfortables en raison du roulis du bateau. Le sommeil est fragmenté, mais il est précieux. Il faut être capable de saisir les moments opportuns, même dans des conditions de calme plat, pour éviter la fatigue cumulée.

Bricolage : entre réparation et occupation mentale

Le manque de vent et les longues heures d’attente peuvent également offrir l’opportunité de se consacrer au bricolage. Si les conditions sont favorables et que les skippers ont une certaine maîtrise de l’entretien de leur bateau, ils peuvent utiliser ce temps pour effectuer des réparations, ajuster des éléments techniques ou encore perfectionner certains aspects de leur équipement.

Le bricolage est aussi un moyen de garder l’esprit occupé. Sur un bateau, l’isolement est permanent, et les skippers doivent être capables de maintenir une certaine autonomie face aux problèmes techniques. Le Vendée Globe, avec sa durée extrême et ses conditions de navigation difficiles, met constamment les skippers à l’épreuve de leur ingéniosité. Le moindre problème mécanique, même en l’absence de vent, peut rapidement devenir un casse-tête. Réparer un fil électrique, ajuster un winch ou resserrer une vis, tout devient une question de survie en mer, même lorsque les conditions sont au calme.

Certains skippers profitent également de ces moments pour organiser leur cabine, ranger leur matériel ou ajuster la configuration de leur bateau pour gagner en performance dès que le vent reviendra. Ce bricolage quotidien, qu’il soit technique ou simplement lié à l’organisation de l’espace de vie, devient alors un moyen de garder un pied dans la réalité de la course, de se maintenir dans un état d’alerte et de ne pas perdre le fil de l’aventure.

Frustration et gestion du temps

Toutefois, l’absence prolongée de vent peut aussi être une source de grande frustration. Le temps, dans ces moments-là, semble s’étirer à l’infini. L’ennui peut s’installer, et avec lui, un sentiment d’impuissance. La course, qui repose sur des paramètres de vitesse et de distance, devient soudainement une course contre l’inaction. C’est un défi mental où la patience et la résilience sont mises à l’épreuve.

Les skippers savent qu’ils ne peuvent rien contrôler sur la météo, et cette prise de conscience fait partie intégrante de la gestion de l’expérience Vendée Globe. Certains marins évoquent même des réflexions philosophiques sur la nature du temps, la relativité des choses, et sur la manière dont ils vivent cette expérience dans l’immensité de l’océan.

Pour d’autres, la frustration de ne pas avancer est parfois compensée par des pensées positives. Par exemple, la prise de conscience que le manque de vent peut offrir une opportunité de prendre du recul, de se reposer, et de réfléchir sur la suite de la course. Le calme plat permet de recentrer ses priorités, de se préparer mentalement aux défis qui l’attendent une fois que le vent reviendra.

Conclusion : Quand l’absence de vent devient une épreuve

Le Vendée Globe 2024, comme toutes les éditions précédentes, met en lumière l’incroyable résilience des skippers face aux conditions les plus extrêmes. Lorsque le vent se fait rare, ils doivent s’adapter, gérer la frustration et trouver des stratégies pour maintenir leur bien-être physique et mental. Yoga, sieste, bricolage ou même méditation sont autant de solutions pour surmonter ces moments de calme. Ces pratiques permettent de garder l’équilibre, d’éviter l’ennui et de se préparer à la reprise du vent et à la bataille qui reprend dès que les conditions se stabilisent. En mer, chaque seconde d’immobilité peut paraître une éternité, mais pour les marins du Vendée Globe, chaque moment est une leçon de patience, de résilience et de maîtrise de soi.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *